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Changeons le monde avec les femmes

FolieSophie : Pourquoi laisser parler les cons ?
Posté par walk le 12/12/2002 20:47:40 (2723 lectures) Articles du même auteur
FolieSophie

Le problème avec la démocratie, c'est qu'on laisse une majorité qui n'est pas forcément très futfut, ou alors très mal cohérente, prendre le pouvoir. La preuve: 68%.

On n'a bien sûr rien fait de mieux que le vote, à part la conviction bien partagée, et étayée par moultes arguments venant de partout.


On aurait parfois envie de fermer le clapet à des gens qui pensent à l'opposé de nous. Mais que nenni, il faut au contraire permettre à tous les cons de la terre de s'exprimer.

Tout d'abord car s'ils prennent le pouvoir, de nombreuses occasions concrètes sont alors données de révéler leur connerie (on a souvent la mémoire courte). Mais ce n'est pas l'argument massue pour défendre la libre expression des cons.

Non, la ruse suprême contre la connerie c'est de démonter pièce par pièce ses ressorts, y répondre point par point, et finalement convaincre le con qu'il aurait dû arrêter plus vite de l'être.

Et pour celà, ben il faut les inciter à parler, parler, déconner. Voilà pourquoi désormais il faut laisser écrire sur internet toutes les conneries du monde. Censurer un con ne fait que le laisser stagner dans ses goûts et couleurs.

Il faut dire que si les goûts et couleurs ne se discutent pas - comment me démontrerez-vous que j'ai tord d'aimer les couleurs pastelles ? - ils reflètent considérablement la pauvreté ou la richesse d'idées, et influent sur leur évolution.

Donc quand un con parle de ses goûts - genre "j'adore les soirées coktails !" - ne le laissez pas trop longtemps tourner en rond, et ramenez-le sur le chemin du sens de ce qu'il dit, des significations indirectes de ses goûts. Et conduisez-le en finesse vers des considérations sur le sens de sa vie, comment ses idées sont prises en compte dans les sondages qui dictent la politique du pays, et autres miroirs tout à fait révélateurs de sa vraie nature.

Non, vous ne le traitez pas de con, vous le conduisez simplement à conclure lui-même :o) Prévoyez régulièrement des périodes creuses, car la digestion intellectuelle est parfois lourde et lorsque vous voyez que la question semble réglée, repartez à l'assaut, changez de sujet et branchez-le sur quelque-chose où vous êtes sûr qu'il va sortir une grosse connerie. Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'intelligence s'ensuive...

On est tous le con de quelqu'un, mais certains plus que d'autres. Aidons-les !



(copie libre copID)



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Papoose ou Tisquaw?
Posté le: 12/12/2002 22:27  Mis à jour: 12/12/2002 22:27
 Octave Mirbeau
Une chose m'étonne prodigieusement - j'oserai dire qu'elle me stupéfie - c'est qu'à l'heure scientifique où j'écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu'un ou de quelque chose.
Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n'est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison? Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l'électeur moderne? et le Charcot qui nous expliquera l'anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l'attendons.

Je comprends qu'un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l'Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne; je comprends M. Chantavoine s 'obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout. Mais qu'un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n 'importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu'elle soit, trouve un électeur, c'est-à-dire 1'être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n'est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m'étais faites jusqu'ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin!

Il est bien entendu que je parle ici de l'électeur averti, convaincu, de l'électeur théoricien, de celui qui s'imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer - ô folie admirable et déconcertante - des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l'électeur " qui la connaît " et qui s'en moque, de celui qui ne voit dans " les résultats de sa toute-puissance " qu'une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c'est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n'a cure du reste. Il sait ce qu'il fait. Mais les autres ?

Ah! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu'ils se regardent et se disent : " Je suis électeur! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d'hommes, et Baudry d'Asson aussi, et Pierre Alype également. " Comment y en a-t-il encore de cet acabit? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu'ils soient, n'ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu'il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l'y oblige, sans qu'on le paye ou sans qu'on le soûle ?

A quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu'il ait écrit dessus ?... Qu'est-ce qu'il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ?

Qu'est-ce qu'il espère? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l'assomment, il faut qu'il se dise et qu'il espère quelque chose d'extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu'il voie, au travers d'un mirage, fleurir et s'épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat. Et c'est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu'un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l'écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu'il n'a qu'une raison d'être historique, c'est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu'il est obligé de se dépouiller de l'un, et de donner l'autre ? Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.


Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t'arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d'avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d'humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l'envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n'as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C'est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l'homme à ton rêve, car là où est l'homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l'homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu'en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu'il ne te donnera pas et qu'il n'est pas d'ailleurs, en son pouvoir de te donner. L'homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t'imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd'hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c'est-à-dire qu'ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n'as rien à y perdre, je t'en réponds ; et cela pourra t'amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d'aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

Et s'il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t'aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n'accordes jamais qu'à l'audace cynique, à l'insulte et au mensonge.

Je te l'ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.

Auteur Conversation
Papoose ou Tisquaw?
Posté le: 13/12/2002 19:06  Mis à jour: 13/12/2002 19:06
 Re: Pourquoi laisser parler les cons ?
"Le problème avec la démocratie, c'est qu'on laisse une majorité qui n'est pas forcément très futfut, ou alors très mal cohérente, prendre le pouvoir. "
Il y a les cons, c'est vrai (n'est ce pas pas ?) et puis tous ces salauds de pauvre !...

Répondre Auteur Posté le
 Re: Pourquoi laisser parler les cons ? Papoose ou Tisquaw? 13/12/2002 20:12
    Re: Pourquoi laisser parler les cons ? nicolas 13/12/2002 22:42
      Re: Pourquoi laisser parler les cons ? babeth 14/12/2002 13:27
        Re: Pourquoi laisser parler les cons ? walk 14/12/2002 15:36

Auteur Conversation
Papoose ou Tisquaw?
Posté le: 14/12/2002 18:00  Mis à jour: 14/12/2002 18:00
 Re: Pourquoi laisser parler les cons ?
Une bonne dictature mon bon monsieur ! Une vrai bonne dictature, y a qu'ca de vrai ! (surtout si je suis le dictateur...); c'est vrai quoi, si on laisse parler les pseudo intellos, et si on laisse voter les cons, c'est le bordel nom de Dieu !
Alors moi j'te f'rais marcher (en anglais "walk" !?...) tout ça au pas et casser du caillou, 'vont pas nous emmmerder longtemps ces étriqués du cerveau gauche et hyposynapsisés du droit.

Répondre Auteur Posté le
 Re: Pourquoi laisser parler les cons ? Papoose ou Tisquaw? 14/12/2002 23:59
 explicitation ? walk 16/12/2002 11:53




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